L’impact du secteur informatique sur la planète est bien connu, qu’il s’agisse des systèmes de refroidissement qui exercent une pression sur les régions touchées par la sécheresse ou des charges de travail gourmandes en données qui consomment d’énormes quantités d’électricité. Nous savons également que l’exploitation des centres de données peut générer d’importantes émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre.
Cependant, l’empreinte carbone des centres de données ne se limite pas aux émissions produites pendant leur fonctionnement. En réalité, elle couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement des composants de leur infrastructure. C’est là qu’interviennent les émissions de scope 3.
Dans cet article, nous vous expliquerons ce que sont les émissions de scope 3, ce qu’elles impliquent pour l’infrastructure informatique de votre entreprise et comment les maîtriser.
Que sont les émissions scope 3 ?
Les émissions de carbone scope 3 désignent l’ensemble des émissions indirectes de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités amont et aval d’une entreprise.
Dans le cas des centres de données, cela inclut la chaîne d’approvisionnement de leur matériel informatique, le cycle de vie des équipements, et même la production et le transport des matériaux de construction.
Ce tableau présente brièvement la différence entre les émissions de carbone de scope 1, 2 et 3 :
| Catégories d’émission de gaz à effet de serre | Périmètre | Exemples |
|---|---|---|
| Scope 1 | Émissions directes provenant de sources appartenant ou contrôlées par l’entreprise. | Groupes électrogènes diesel de secours auxquels les centres de données ont souvent recours en cas de panne de leur source d’alimentation principale. |
| Scope 2 | Émissions indirectes liées à la production de l’énergie achetée. Les entreprises sont responsables de ces émissions via leur consommation d’électricité. | Alimentation des serveurs, des réseaux, des systèmes de stockage et des technologies de refroidissement à l’aide de l’électricité fournie par les fournisseurs d’énergie. |
| Scope 3 | Émissions indirectes générées tout au long de la chaîne d’approvisionnement d’une entreprise. | Fabrication, transport et élimination du matériel informatique. |
Quels sont les différents types d’émission de scope 3 ?
Selon le Protocole des GES, il y a 15 catégories d’émissions de scope 3, réparties entre l’amont (upstream) et l’aval (downstream) de la chaîne de valeur :
Catégories 1 à 8 (amont) :
| Catégorie | Nom | Description | Poids typique |
|---|---|---|---|
| 1 | Achat de biens et services | Émissions liées à la production des biens et services achetés | 30-60 % du scope 3 |
| 2 | Biens d’équipement | Émissions liées à la fabrication des immobilisations (machines, bâtiments, véhicules) | 5-15 % |
| 3 | Combustibles et énergie (hors scopes 1 et 2) | Amont de l’énergie : extraction, transport, raffinage, pertes réseau | 3-8 % |
| 4 | Transport et distribution amont | Fret entrant, logistique amont payée par l’entreprise | 5-15 % |
| 5 | Déchets générés par l’activité | Traitement et élimination des déchets produits par l’entreprise | 1-5 % |
| 6 | Déplacements professionnels | Avion, train, hôtel, taxi pour les déplacements des salariés | 1-5 % |
| 7 | Déplacements domicile-lieu de travail | Trajets quotidiens des salariés | 2-8 % |
| 8 | Actifs loués amont | Émissions des actifs loués par l’entreprise (non inclus en scope 1-2) | Variable |
Catégories 9 à 15 (aval) :
| Catégorie | Nom | Description | Poids typique |
|---|---|---|---|
| 9 | Transport et distribution aval | Fret sortant, distribution jusqu’au client final | 5-15 % |
| 10 | Transformation des produits vendus | Émissions liées à la transformation des produits intermédiaires par les clients | Variable |
| 11 | Utilisation des produits vendus | Émissions liées à l’utilisation des produits par les clients finaux | 0-50 % (selon le dépendant) |
| 12 | Fin de vie des produits vendus | Traitement en fin de vie (recyclage, incinération, enfouissement) | 1-5 % |
| 13 | Actifs loués aval | Émissions des actifs que l’entreprise loue à des tiers | Variable |
| 14 | Franchises | Émissions des franchisés | Variable |
| 15 | Investissements | Émissions liées au portefeuille d’investissements (banques, assurances) | Variable |
Quelle est la définition de l’empreinte carbone ?
L’empreinte carbone est le terme utilisé pour désigner la quantité totale de gaz à effet de serre générée par les activités d’une entité, qu’il s’agisse d’une entreprise, d’un secteur ou d’une infrastructure.
Ces activités peuvent entraîner des émissions de manière directe ou indirecte. Une empreinte carbone importante indique un niveau élevé d’émissions totales et, par conséquent, un plus grand impact sur l’environnement.
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Quelles sont les sources d’émissions de scope 3 dans le secteur informatique ?
Dans la chaîne d’approvisionnement du matériel informatique, les émissions de scope 3 englobent la production de gaz à effet de serre générée par des processus tels que :
- L’extraction de matières premières, notamment la silice, l’or, l’argent et le cuivre
- Le transport et la transformation des matières premières
- La fabrication du matériel
- La logistique
- L’élimination
Bon nombre de ces émissions sont souvent désignées par le terme « carbone intrinsèque » d’un équipement informatique. Les émissions de carbone intrinsèque sont celles associées à la production et au cycle de vie de l’équipement avant son déploiement et son utilisation.
Cependant, les émissions de scope 3 peuvent également inclure des impacts en aval, tels que les émissions liées à l’élimination.
Pourquoi l’empreinte carbone de votre infrastructure informatique est-elle importante ?
Nous prenons de plus en plus conscience, tant au sein de la société que dans tous les secteurs d’activité, des dommages environnementaux causés par nos actions, qu’elles soient directes ou indirectes.
L’un des principaux indicateurs permettant de mesurer notre contribution au changement climatique est notre empreinte carbone.
Examinons quelques-unes des principales raisons pour lesquelles il est essentiel pour les entreprises de comprendre et de maîtriser leur empreinte carbone.
Responsabilité environnementale
Les émissions de gaz à effet de serre favorisent le changement climatique en retenant la chaleur dans l’atmosphère. Cela entraîne une hausse des températures à l’échelle mondiale, ce qui se traduit par des conséquences mesurables déjà observables, telles que :
- L’élévation du niveau des mers
- La fonte des calottes glaciaires
- La perturbation des écosystèmes
- L’aggravation de la pénurie d’eau
En s’engageant dans la décarbonisation, les organisations contribuent directement à réduire au minimum leur impact sur la planète.
Conformité
Partout dans le monde, les gouvernements et les secteurs d’activité mettent en place des mesures telles que l’obligation pour les entreprises de déclarer leurs émissions. Parmi les exemples notables de ces réglementations, on peut citer :
| Pays/Région | Réglementation | Qu’est-ce que cela implique ? |
|---|---|---|
| Europe | Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) | La directive CSRD impose aux grandes entreprises de mieux mesurer et documenter leurs émissions (de scope 1, 2 et souvent de scope 3) dans leur rapport ESG. |
| Brésil | Politique nationale sur le changement climatique (Política Nacional sobre Mudança do Clima) | Les entreprises doivent s’aligner sur les objectifs nationaux de réduction des émissions de carbone au moyen de plans sectoriels, comprenant notamment le suivi des émissions et, dans certains cas, la communication d’informations. |
| Afrique du Sud | Acte sur la taxe carbone (Carbon Tax Act) | Les entreprises dont les émissions dépassent certains seuils doivent déclarer leurs émissions de scope 1 et s’acquitter d’une taxe par tonne de CO₂e, afin de les inciter à réduire leur empreinte carbone. |
| Royaume-Uni | Streamlined Energy and Carbon Reporting (SECR) | Les grandes entreprises et les sociétés cotées en bourse doivent indiquer dans leurs rapports annuels leur consommation annuelle d’électricité, leurs émissions de gaz à effet de serre et les mesures prises en faveur de l’efficacité énergétique. |
Les entreprises qui ne respectent pas ces réglementations s’exposent à de lourdes sanctions financières et à des poursuites judiciaires.
Réputation et avantage concurrentiel
Ces dernières années, les entreprises qui œuvrent pour le développement durable sont de plus en plus appréciées des consommateurs. Faire preuve de responsabilité environnementale permet également de rassurer les parties prenantes, en leur donnant l’assurance que leurs investissements sont conformes à la réglementation et s’inscrivent dans une perspective de valeur durable à long terme.
En 2023, une étude menée par le cabinet de conseil McKinsey a révélé que « les entreprises performantes sur le plan financier qui intègrent les priorités environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise (ESG) dans leurs stratégies de croissance obtiennent de meilleurs résultats que leurs concurrents », à condition qu’elles maintiennent également une croissance et une rentabilité solides.
Les politiques de RSE informatique permettent notamment de favoriser une gestion de l’infrastructure informatique plus durable en favorisant des mesures ou des équipements qui participent à réduire les émissions de CO2.
Comment calculer votre empreinte carbone
Le Protocole des GES présente plusieurs méthodes permettant de mesurer vos émissions de scope 3. Les principales stratégies proposées sont les suivantes :
| Approche | Ce qu’elle inclut |
|---|---|
| Données moyennes | Permet de calculer les émissions en multipliant les données relatives à la masse, au volume ou à d’autres indicateurs d’activité pertinents (des actifs ou des services) par les facteurs d’émission moyens du secteur. |
| En fonction de l’activité | Mesure les données réelles, basées sur des données concrètes, relatives à la masse, à la consommation d’énergie ou à d’autres indicateurs d’activité pertinents, et les multiplie par des facteurs d’émission spécifiques aux processus ou aux activités concernés. |
| En fonction du fournisseur | Collecte auprès des fournisseurs d’informations relatives à l’analyse du cycle de vie (ACV), d’analyses d’impact sur les émissions et de détails concernant les produits. |
| En fonction des dépenses | Permet de calculer les émissions liées aux biens et services achetés en multipliant leur valeur économique par le facteur d’émission moyen applicable au secteur concerné. |
Calculer les émissions en fonction de l’activité est la méthode la plus précise, car elle repose sur des calculs précis plutôt que sur des estimations. Elle est cependant la plus difficile à mettre en œuvre sur le plan technique.
Utilisez un calculateur d’empreinte carbone
Le calculateur de réduction des émissions de carbone d’Evernex, est basé sur des données concrètes. Il permet aux entreprises d’évaluer les économies de carbone qu’elles peuvent réaliser en prolongeant la durée de vie de leurs serveurs, de leurs équipements réseau et de leurs systèmes de stockage. Elles peuvent ajuster le nombre d’unités de chaque équipement, ainsi que le nombre d’années de prolongation de leur durée de vie, afin de refléter la situation réelle de leur entreprise.
Conçu par des experts, cet outil aide les entreprises à réduire leur impact environnemental grâce à des réponses en temps réel et à des solutions concrètes.
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Qu’est-ce que le Protocole des GES ?
Le protocole des GES est une norme mondiale qui établit des cadres standardisés permettant de « mesurer et de gérer les émissions de gaz à effet de serre issues des activités des secteurs privé et public, des chaînes de valeur et des mesures d’atténuation », dans le but d’accélérer la réduction des émissions afin de respecter les limites fixées en matière de réchauffement climatique.
Ces référentiels permettent aux entreprises de mesurer avec précision leurs émissions de scope 3 et d’en rendre compte de différentes manières.
Pourquoi les émissions de scope 3 sont-elles difficiles à mesurer ?
Les entreprises ont une bonne visibilité sur leurs émissions de scope 1 et 2, qu’elles peuvent mesurer à l’aide d’indicateurs tels que leur consommation d’électricité et leurs factures de carburant.
En revanche, le scope 3 est plus difficile à suivre. En effet, les entreprises n’ont pas de contrôle direct sur les pratiques d’approvisionnement et la logistique de leurs fournisseurs. Elles doivent donc se montrer plus proactives lorsqu’il s’agit de collecter et de mesurer les données relatives aux émissions de scope 3.
Comment réduire les émissions de scope 3 de votre entreprise ?
Mesurer et déclarer les émissions de carbone de votre entreprise n’est qu’une partie du processus. Sachant que la plupart des émissions de scope 3 liées au matériel informatique proviennent de la fabrication, de la logistique et de l’élimination des déchets, voici quelques stratégies clés que les entreprises peuvent mettre en œuvre pour maîtriser leurs émissions de scope 3 :
Extension du cycle de vie informatique
Comme on le sait, la fabrication de matériel informatique peut être une source importante d’émissions de carbone ; le carbone intrinsèque (Scope 3) est particulièrement critique, puisqu’il représente souvent plus de 80 % de l’empreinte carbone totale de ces services. Les renouvellements fréquents stimulent la demande en matière de fabrication, tout en générant des émissions en aval lors de la mise au rebut des équipements obsolètes.
Entretenir le matériel des centres de données d’entreprise grâce à une maintenance effectuée par des experts peut prolonger sa durée de vie de plusieurs années, réduisant ainsi les émissions de carbone liées à la production de matériel neuf. Une telle démarche favorise un secteur de l’informatique plus vert.
Prolonger la durée de vie d’un serveur de seulement deux ans permet d’économiser jusqu’à 1 566 kgCO₂e, soit l’équivalent d’un vol aller-retour entre Paris et New York.
Le matériel fonctionnel qui ne répond plus aux exigences des systèmes critiques peut également être réaffecté à des systèmes moins prioritaires, ce qui permet d’optimiser sa durée de vie utile et le retour sur investissement de votre entreprise.
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Élimination appropriée du matériel en fin de vie
L’élimination du matériel obsolète peut également contribuer aux émissions de scope 3 par le biais :
- du transport
- du traitement
- de l’incinération
- de la mise en décharge
Les stratégies d’économie circulaire, telles que le recyclage et la revente, permettent de maintenir plus longtemps sur le marché les composants encore utilisables, ce qui retarde ces processus et évite les émissions qu’ils génèrent.
Lorsque le matériel informatique arrive réellement en fin de vie, les entreprises peuvent tout de même réduire leurs émissions en éliminant leur équipement informatique de manière responsable. Elles peuvent par exemple privilégier le recyclage et éliminer, dans la mesure du possible, les matériaux non recyclables par un autre moyen que la mise en décharge ou l’incinération.
Si les processus de recyclage peuvent générer du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre, les quantités produites sont bien inférieures à celles générées par les méthodes d’élimination traditionnelles.
Transport et packaging écologiques
Les moyens de transport traditionnels, fonctionnant au diesel ou à l’essence, émettent une quantité considérable de gaz à effet de serre et de particules. Le passage à des véhicules électriques ou à hydrogène permet d’éviter la pollution causée par les combustibles fossiles.
Si l’acquisition de nouveaux véhicules représente un investissement trop important, l’optimisation des itinéraires et des charges peut améliorer l’efficacité du transport. Le temps de trajet est ainsi réduit, entraînant une diminution de la pollution. Les outils d’apprentissage automatique peuvent contribuer à l’optimisation logistique.
Les entreprises peuvent également prendre des mesures pour réduire leur empreinte carbone en utilisant des emballages recyclés (et recyclables) ou non plastiques. Si le recyclage peut générer certaines émissions, celles-ci sont largement inférieures à la pollution causée par l’approvisionnement en matières premières et la fabrication d’emballages en plastique à base de pétrole.
CONSEIL : Vérifiez toujours les données fournies par les fournisseurs et servez-vous de l’analyse de données pour optimiser la logistique.
Favoriser les énergies renouvelables, rallonger la durée de vie des équipements et choisir des procédés plus respectueux de l’environnement permet de mettre en place des centres de données de plus en plus écologiques.
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Chez Evernex, nous aidons nos clients à optimiser leurs dépenses informatiques et à réduire leur empreinte carbone. Cela implique d’intégrer des pratiques circulaires à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Voici quelques-uns des services durables que nous proposons :
- Gestion et prolongation du cycle de vie informatique
- ITAD certifié – 0 % d’incinération, 0 % de mise en décharge
- Transport à faible empreinte carbone
- Emballages en carton recyclé
- Programmes de rachat
- Remise à neuf de composants
En définissant une stratégie de maintenance, en privilégiant le matériel reconditionné et en optimisant la durée de vie de votre équipement, vous réduirez l’empreinte carbone de votre infrastructure informatique sur le long terme.
Foire aux questions
Qu’est-ce que le scope 3 ?
Le scope 3 regroupe l’ensemble des émissions indirectes de gaz à effet de serre générées par la chaîne de valeur d’une entreprise. Il inclut notamment la production, le transport et l’utilisation des biens et services.
Quelle différence entre scope 1 2 et 3 ?
Le scope 1 correspond aux émissions directes, le scope 2 aux émissions liées à l’électricité achetée, et le scope 3 aux autres émissions indirectes issues de la chaîne de valeur.
Comment mesurer le scope 3 ?
Le scope 3 se mesure via différentes méthodes du GHG Protocol, comme les approches basées sur les dépenses, les activités ou les données fournisseurs, afin d’estimer les émissions indirectes.
Pourquoi le scope 3 est important ?
Le scope 3 est essentiel car il représente souvent la majorité des émissions d’une entreprise. Le réduire permet de diminuer significativement son impact environnemental global.