Chaque année, la commande publique consacre plusieurs centaines de millions d’euros à l’achat d’équipements numériques. Depuis 2020, la loi AGEC impose qu’au moins 20 % de ces matériels proviennent du réemploi ou du reconditionnement. Un objectif qui place collectivités, administrations et établissements publics en première ligne de la transition vers l’économie circulaire.
Derrière ce chiffre se cache un enjeu environnemental majeur. Selon l’ADEME et l’Arcep, 80 % de l’empreinte carbone d’un équipement numérique est générée dès sa fabrication. Or, le numérique représente déjà 4,4 % de l’empreinte carbone nationale en 2022, contre 2,5 % quelques années plus tôt. Sans action, ce chiffre pourrait tripler d’ici 2050. Allonger la durée de vie des équipements devient donc un impératif autant écologique qu’économique.
Une réglementation qui change la donne
Deux textes structurent aujourd’hui ce cadre :
- La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire), qui impose un quota de matériel reconditionné dans les achats publics.
- La loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique), qui incite collectivités et administrations à intégrer la durabilité dans leurs stratégies numériques.
Ces textes traduisent un changement de paradigme. Ils obligent désormais les directions des systèmes d’information, les services achats et les services financiers à intégrer un critère durable qui, hier encore, relevait du “nice to have”.
« Nous ne pouvons plus raisonner uniquement en termes de prix et de délai. La conformité environnementale devient un critère aussi incontournable que la performance technique », souligne Damien Nicolle, Account Manager chez Evernex.
Le défi des acheteurs publics
Atteindre ce quota de 20 % de matériel réutilisé ou reconditionné n’est pas qu’une question de volonté. Trois écueils reviennent systématiquement dans les retours des acheteurs publics:
- Approvisionnement : quels partenaires sont capables de fournir les volumes nécessaires dans des délais compatibles avec les besoins du terrain ?
- Qualité : comment s’assurer que du matériel reconditionné offre la même fiabilité qu’un équipement neuf, surtout pour des infrastructures critiques ?
- Procédures : comment intégrer ces nouveaux canaux d’achat sans alourdir encore davantage la machine administrative ?
La Cour des comptes, dans son rapport de décembre 2024, constate que 55 % des marchés de l’État intègrent aujourd’hui un critère environnemental, mais pointe que le suivi et l’exécution de ces clauses restent trop faibles pour transformer réellement les pratiques.
Une réponse structurée avec la CANUT
C’est précisément pour lever ces obstacles qu’a été créée la CANUT (Centrale d’Achat du Numérique et des Télécoms). Association loi 1901, elle propose des accords-cadres prêts à l’emploi, conformes au Code de la commande publique, qui permettent aux collectivités et administrations d’accéder directement à des offres sécurisées de matériel reconditionné.
Le marché Matériels reconditionnés d’avril 2024 à avril 2028 de la CANUT consacre un accord cadre entier au reconditionné : ordinateurs, tablettes, smartphones, mais aussi un lot dédié serveurs, solutions de stockage et réseaux.
Pour les acheteurs publics, c’est un changement d’échelle. Ils disposent désormais d’un outil simple et sécurisé pour intégrer le réemploi dans leurs procédures, sans renoncer à la performance.
Evernex, partenaire référencé à la CANUT
Evernex, entreprise française devenue acteur mondial du cycle de vie IT, est aujourd’hui présente dans plus de 165 pays. Son ancrage hexagonal reste central : à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), le groupe a inauguré en 2022 le plus grand site de reconditionnement IT d’Europe, vitrine du savoir-faire industriel français appliqué à l’économie circulaire numérique.
Concrètement, cela signifie :
- Des équipements testés, certifiés et garantis, pour des performances comparables au neuf.
- Un stock massif de pièces détachées, disponible immédiatement, grâce à une logistique couvrant 165 pays.
- Une approche circulaire complète : prolongation de la durée de vie des infrastructures, maintenance, réemploi des composants, recyclage responsable.
Cette capacité industrielle et logistique répond à la principale inquiétude des acheteurs : proximité, fiabilité et continuité de service.
De la contrainte à la norme
Pour certains, le quota de 20 % reste une contrainte administrative. Pour d’autres, c’est un levier pour maîtriser les budgets et afficher une exemplarité environnementale.
Comme le rappelle l’UGAP dans son rapport annuel 2024, l’enjeu est désormais de concilier « performance économique et engagement pour une commande publique responsable ».
La France n’est pas isolée : aux Pays-Bas et en Suède, certaines administrations visent déjà 40 % de matériel reconditionné dans leurs acquisitions IT. Ce qui est vu aujourd’hui comme une contrainte pourrait bien devenir, demain, la norme européenne. La véritable bascule consistera à passer d’une logique de conformité minimale à une stratégie proactive de sobriété numérique. Avec la CANUT et des prestataires comme Evernex, les moyens existent. Reste à en faire un réflexe.
À propos de l’auteur :
Damien Nicolle est Account Manager chez Evernex, spécialiste dans l’accompagnement des acteurs du secteur public vers une gestion durable de leurs infrastructures IT. Contact de référence privilégié pour la CANUT (Centrale d’Achat du Numérique et des Télécoms), il œuvre à faciliter l’accès des organismes publics aux équipements reconditionnés d’Evernex, en faveur d’une informatique plus circulaire.